Nous
voulons réconcilier
la jeunesse avec l'Europe
TRIBUNE
DU SECRETAIRE D'ETAT
CHARGE DES AFFAIRES
EUROPEENNES, M. JEAN-PIERRE
JOUYET,
DANS LE QUOTIDIEN "LE
FIGARO"
(Paris,
25 août 2008)
Je
vous remercie vivement
de m'avoir adressé
votre appel "Pour
un new deal européen"
adressé à
M. le président
de la République
en vue de la Présidence
française du
Conseil de l'Union européenne.
Vous
exprimez votre volonté
de redonner une ambition
européenne forte
à notre pays
et de réconcilier
notre jeunesse avec
le projet européen.
Vous
exprimez également
votre conviction que
la présidence
française doit
être le moment
de prendre des initiatives
décisives en
faveur des entreprises
et de l'Europe, notamment
dans quatre directions
principales : la gouvernance
économique européenne,
le droit des entreprises,
l'affirmation des normes
européennes au
niveau mondial et la
bataille du savoir.
Je
tiens à vous
assurer de mon entier
soutien dans votre démarche
et de la pleine mobilisation
de la présidence
française sur
ces quatre priorités.
Sur
la gouvernance économique
européenne, je
partage avec vous la
conviction qu'un renforcement
de la coordination des
différentes autorités
en charge de la politique
économique européenne
est indispensable pour
donner plus de cohérence
et de force à
l'action de l'Union
européenne au
service de la croissance
et de l'emploi. La Commission
européenne a
fait part, à
l'occasion du dixième
anniversaire de la création
de l'euro, de propositions
visant à renforcer
cette gouvernance économique
et la présidence
française accordera
une importance particulière
au débat qui
va s'ouvrir sur cette
base au sein du Conseil
des ministres des finances.
S'agissant
de l'émergence
progressive d'un statut
juridique européen,
je partage votre constat
des désavantages
manifestes crées,
au sein du marché
unique, par la persistance
de règles nationales
trop dispersées,
en dépit des
progrès réalisés
dans les dernières
années avec l'adoption
d'un statut de la société
européenne. C'est
pourquoi la présidence
française accordera
une place importante
à l'élaboration
d'un statut juridique
proprement européen
pour les entreprises,
notamment les plus petites
d'entre elles, avec
le projet de "société
privée européenne".
Ce projet, qui prendra
place dans le "Small
Business Act européen"
proposé par la
Commission européenne,
sera de nature à
renforcer la place des
PME dans le marché
intérieur. Nous
tenterons en outre de
progresser sur le projet
de statut européen
des mutuelles, qui vient
d'être adopté
par les professionnels.
Sur
l'affirmation des normes
européennes sur
la scène internationale,
je rejoins votre conviction
que seule une démarche
harmonisée au
niveau européen
est de nature à
faire émerger
pour demain des normes
techniques qui soient
un instrument d'influence
décisif pour
nos entreprises sur
le marché mondial.
Il
s'agit d'un volet particulièrement
important de cette "dimension
extérieure"
de la politique de compétitivité
européenne que
nous souhaitons proposer
à nos partenaires,
avec le soutien de la
Commission européenne.
La présidence
française s'appuiera
sur le lancement, décidé
en mars dernier, de
la réflexion
sur l'avenir de la stratégie
de Lisbonne après
2010, pour mettre fortement
l'accent sur cette dimension
importante de la politique
industrielle et de la
politique d'innovation
de l'Union européenne.
Le rapport que vient
de rendre au gouvernement
Laurent Cohen-Tanugi
sur l'Europe et la mondialisation
apporte, de ce point
de vue, de premiers
éléments
très utiles qui
rejoignent vos propres
réflexions.
L'affirmation
des normes européennes
dans le domaine financier
me semble particulièrement
nécessaire. La
Présidence française
mettra un accent particulier
sur le renforcement
du poids de l'Europe
sur la scène
financière internationale
afin de lutter contre
les dérives manifestes
du capitalisme. La réaction
de l'Union européenne
à la crise financière
nous donne l'occasion
de défendre une
vision européenne
plus responsable du
fonctionnement de la
sphère financière
et des normes renouvelées
de transparence et de
responsabilisation des
acteurs.
L'affirmation
des valeurs européennes
face aux dérives
du capitalisme passe
également par
une relance de la dynamique
sociale à partir
des propositions de
la Commission sur un
nouvel agenda social.
La Présidence
française s'engagera
fortement en faveur
de la proposition de
directive sur le comité
d'entreprise européen
et sur le renforcement
de la mobilité
des jeunes, notamment
des apprentis.
Enfin,
s'agissant de la bataille
du savoir qui s'engage
au plan mondial, la
Présidence française
entendra contribuer
fortement à l'impulsion
que vous appelez de
vos vœux en faveur
de l'économie
de la connaissance.
Il s'agit effectivement
d'une priorité
absolue pour l'Europe
si elle veut préserver
à long terme
sa croissance et ses
emplois et la réflexion
sur l'avenir de la stratégie
de Lisbonne devra également
prendre en compte cette
exigence de remise en
perspective des politiques
communes et des politiques
nationales de réforme.
De
manière concrète,
la Présidence
française cherchera
à faire progresser
le chantier de l'espace
européen de la
recherche qui vise à
doter l'Union d'une
"cinquième
liberté",
c'est-à-dire
la mobilité des
chercheurs.
Comme
vous le soulignez, la
Présidence française
intervient dans un contexte
économique et
financier mondial agité.
Plus que jamais, les
Européens ont
besoin de ressentir
la capacité concrète
de l'Union européenne
à contribuer
à la protection
des intérêts
des entreprises et à
répondre aux
attentes des citoyens
dans un contexte international
de plus en plus concurrentiel.
Il s'agit d'une exigence
fondamentale pour rapprocher
les peuples européens
du projet communautaire.
Sous l'impulsion forte
du président
de la République,
vous pouvez compter
sur les autorités
françaises pour
porter haut ce message
à l'adresse de
nos partenaires européens
durant le semestre qui
s'ouvre./.